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  • asalvaire

Quarantaine Jour 7

Aujourd’hui, je décide d’un jour sans électronique. J’ai éteint mon téléphone, pas de séries, pas de distractions. Seule avec moi-même pour de vrai. Pas d’échappatoire.

Un jour pour dessiner, écrire, réfléchir à ce que je veux faire de ma vie quand les frontières vont se rouvrir. Partir ou rester ? Poursuivre le chemin actuel ou changer de vie ?

Je regarde ma jolie chambre sous les toits aux couleurs rosées comme dans mon enfance. Mes livres, mes cahiers. La bibliothèque que j’ai eu pour mes 18 ans. L’arbre généalogique et la liste des pays visités au mur. L’auberge espagnole de mon arrivée à Barcelone et la lampe Frida de Sao Paulo. Les racines et le voyage. Toujours, constamment ballotée entre ces deux extrêmes quelque peu difficiles à réconcilier.

Je nettoie l’appartement histoire de purifier l’énergie autour de moi et puis, je craque, j’appelle mon père pour qu’il vienne me chercher et profiter de « la sortie de la semaine ».

Je fuis l’introspection dare dare, je me dis que, de toute façon, je vais avoir 45 jours pour faire des mandalas.

Ça fait du bien d’être avec d’autres êtres humains pendant quelques heures et de changer un peu d’environnement. Il y a un grand jardin, des fleurs et du soleil. Je marche, je lis. Au fond, ça ne change guère de d’habitude. C’est tout pareil mais avec un autre décor.

Et puis à 21 heures, mon père me ramène à l’appartement pour une nouvelle semaine de folie. J’ai l’impression d’avoir eu une permission exceptionnelle et de rentrer maintenant dans ma cellule en attendant mon procès. A quand le verdict ? Un mois ? Trois mois ? Qui sait ? Je ne sais pas si quelqu’un a remarqué mais dans quarantaine, il y a quarante. Je dis çà, je dis rien.

C’est quand même ouf qu’en 2020, avec toutes nos technologies, le seul moyen que l’on ait trouvé pour arrêter une épidémie est d’enfermer les gens chez eux et de paralyser l’économie. On se croirait au Moyen Âge…

Je me dis que c’est quand même différent d’être enfermée seule, en couple ou en famille.

D’un côté, je suis au calme, je n’ai pas de dispute avec mon conjoint, pas d’enfants qui crient, pas de homeschooling à gérer, de repas à faire pour 5 ou 6, je ne dois pas apaiser l’anxiété des autres et je peux prendre des bains de 2 heures 40. Mais je suis aussi toute seule du réveil au coucher, et qu’on le veuille ou non, cela a un impact sur le moral.

Je fais un apéro zoom avec des copains qui me font réaliser la stupidité de mes relances envers des exs indifférents. Comme on dit, « Never Run Back To The Person Who Broke You.”

Je me sens bête et un peu honteuse. Je ne me sens plus forte comme hier mais juste ridicule.

Cette semaine va être plus compliquée à gérer.

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